{"id":395,"date":"2023-03-07T11:17:05","date_gmt":"2023-03-07T11:17:05","guid":{"rendered":"https:\/\/parcoursdesdames.fr\/?p=395"},"modified":"2023-06-12T10:06:40","modified_gmt":"2023-06-12T10:06:40","slug":"raymonde-vincent-prix-femina-1937","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/parcoursdesdames.fr\/index.php\/2023\/03\/07\/raymonde-vincent-prix-femina-1937\/","title":{"rendered":"Raymonde Vincent,\u00a0Prix Femina 1937"},"content":{"rendered":"\n<p>Raymonde Vincent na\u00eet dans le hameau de Villours sur la commune d\u2019Argy en 1908 dans une famille de paysans puis habite \u00e0 La Tirataine \u00e0 l\u2019or\u00e9e du bois sur la commune voisine de Saint-Lactencin, o\u00f9 son p\u00e8re a b\u00e2ti lui-m\u00eame une maison de trois pi\u00e8ces avec un jardin et un hangar. Mais \u00e0&nbsp;&nbsp;l\u2019\u00e2ge de quatre ans, elle perd sa m\u00e8re et change \u00e0 nouveau de maison pour vivre, apr\u00e8s un dernier passage dans la chambre de sa m\u00e8re morte, avec sa vieille grand-m\u00e8re \u00e0 Fouillereau, hameau de Ch\u00e9zelles, autre commune voisine. Si ces distances nous paraissent n\u00e9gligeables aujourd\u2019hui, ces d\u00e9placements sont de vrais bouleversements&nbsp;&nbsp;dans la vie d\u2019\u00eatres dits pauvres et peu \u00e9duqu\u00e9s. C\u2019est par elle-m\u00eame que la petite Raymonde apprend \u00e0 lire gr\u00e2ce \u00e0 quelques journaux et surtout aux le\u00e7ons de cat\u00e9chisme. Les marches \u00e0 pied vers l\u2019\u00e9glise de Saint-Lactencin pour la messe sont de longues marches dans le naturel profond des plaines bois\u00e9es de la Champagne berrichonne&nbsp;&nbsp;et&nbsp;&nbsp;vers le surnaturel sacr\u00e9 que Raymonde saisit dans chaque d\u00e9tail de la route.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Elle engrange des souvenirs d\u2019assembl\u00e9es de village \u00e0 Villours, de paysages v\u00e9cus o\u00f9 le rouge et l\u2019or flamboient, de silence dans les soir\u00e9es des fermes o\u00f9 les habitants ne se livrent gu\u00e8re par la parole mais par le moindre geste observ\u00e9. La duret\u00e9 apparente cache parfois la grande sensibilit\u00e9 des \u00eatres, r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par les \u00e9v\u00e9nements douloureux qui frappent les familles en ces temps de guerre, de gel et de travail p\u00e9nible au champ. A treize ans, il faut partir \u00e0 Ch\u00e2teauroux, dans les ateliers de confection des \u00ab&nbsp;100000 chemises&nbsp;\u00bb, o\u00f9 elle attend le moment de partir plus loin, \u00e0 Paris.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>A 17 ans, en 1925, elle tente une vie nouvelle dans la capitale, se retrouvant mod\u00e8le pour des peintres tels que Christian Caillard ou Giacometti. C\u00f4toyant le monde des arts, elle rencontre au D\u00f4me un critique litt\u00e9raire suisse, Albert B\u00e9guin, directeur de la revue Esprit. Ils se marient en 1929 et Raymonde d\u00e9couvre le monde la litt\u00e9rature. Elle fr\u00e9quente de grandes plumes comme Bernanos ou Jean Giraudoux et elle \u00e9crit elle-m\u00eame. Ouverte au monde par ses voyages avec son \u00e9poux, c\u2019est dans son enfance et son for int\u00e9rieur qu\u2019elle puise l\u2019inspiration de son premier roman, \u00ab&nbsp;Campagne&nbsp;\u00bb, publi\u00e9 chez Stock, couronn\u00e9 du Prix Femina en 1937. M\u00eame si l\u2019\u00e9diteur signale qu\u2019il ne s\u2019agit nullement d\u2019une autobiographie, il est difficile de ne pas y lire la propre exp\u00e9rience de Raymonde, comme dans les huit romans qui suivront jusqu\u2019\u00e0 son ouvrage posthume, \u00ab&nbsp;Le temps d\u2019apprendre \u00e0 vivre&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand la guerre arrive, Raymonde se r\u00e9fugie en Berry \u00e0 Laleuf puis aux Gal\u00e9teries sur la commune de Saint-Maur, o\u00f9 elle avait pass\u00e9 une partie de son enfance, au domaine de La Lienne. Venue d\u00e9jeuner au restaurant de La Croix-Banche, tenu par Sarah Caryth, elle r\u00e9agit \u00e0 la remarque d\u2019un milicien install\u00e9 \u00e0 une autre table estimant, \u00e0 l\u2019annonce du d\u00e9barquement \u00e0 Alger,&nbsp;&nbsp;que les Fran\u00e7ais avaient encore grand besoin de coups de pied dans le cul. Femme engag\u00e9e du c\u00f4t\u00e9 de la R\u00e9sistance, elle le traita de \u00ab&nbsp;sale petite ordure&nbsp;\u00bb et sema le trouble dans la salle. Elle revint s\u2019excuser aupr\u00e8s de Sarah Caryth qui la f\u00e9licita avec un visage radieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Le prix Femina avait chang\u00e9 les conditions mat\u00e9rielles de sa vie mais jamais combl\u00e9 le foss\u00e9 qui se creusait avec Albert B\u00e9guin, intellectuel aspirant \u00e0 la ma\u00eetrise de l\u2019intelligence et \u00e0 l\u2019admiration des autres. Elle v\u00e9cut finalement s\u00e9par\u00e9e de son \u00e9poux \u00e0 la fin des ann\u00e9es cinquante et revint \u00e0 nouveau en Berry, dans le sud du d\u00e9partement de l\u2019Indre, \u00e0 Saint-Chartier, o\u00f9 elle meurt en 1985. Sa demeure terrestre finale est dans le cimeti\u00e8re de Saint-Lactencin, o\u00f9 elle rejoint les terres heureuses de son enfance, celles qui ont fa\u00e7onn\u00e9 l\u2019\u00e9crivaine chr\u00e9tienne, un grande plume dont on peut mesurer l\u2019\u00e9l\u00e9vation perp\u00e9tuelle de l\u2019esprit, jamais prisonnier des contingences de la vie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Auteur&nbsp;: Isabelle Hannequart (DPI OK)<\/p>\n\n\n\n<p>Pour approfondir : Raymonde Vincent, Campagne, Stock, 1937&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Raymonde Vincent, Le temps d\u2019apprendre \u00e0 vivre, Julliard, 1998&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>(disponibles \u00e0 la m\u00e9diath\u00e8que d\u2019Argy)<\/p>\n\n\n\n<p>FAIRE LA BIBLIO COMPLETE<\/p>\n\n\n\n<p><em>PS&nbsp;: Raymonde Vincent est n\u00e9e dans le hameau de Villours sur la commune d\u2019Argy, a v\u00e9cu avec son p\u00e8re \u00e0 La Tirataine (Saint-Lactencin) puis dans la maison de sa grand-m\u00e8re \u00e0 Fouillereau sur la commune de Ch\u00e9zelles&nbsp;; elle est enterr\u00e9e dans le cimeti\u00e8re de Saint-Lactencin, o\u00f9 elle venait \u00e0 la messe avec sa grand-m\u00e8re&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pour approfondir&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Raymonde Vincent,&nbsp;<em>Campagne<\/em>, Stock, 1937<\/li>\n\n\n\n<li>Raymonde Vincent,&nbsp;<em>Le temps d\u2019apprendre \u00e0 vivre<\/em>, Julliard, 1998<\/li>\n\n\n\n<li>(disponibles \u00e0 la m\u00e9diath\u00e8que d\u2019Argy)<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-a89b3969 wp-block-buttons-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-button\"><a class=\"wp-block-button__link wp-element-button\">le hameau de \u00ab&nbsp;La Tirataine&nbsp;\u00bb, l\u00e0 o\u00f9 elle est n\u00e9e<\/a><\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-a89b3969 wp-block-buttons-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-button\"><a class=\"wp-block-button__link wp-element-button\">la maison o\u00f9 elle a pass\u00e9 son enfance<\/a><\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"350\" height=\"488\" data-id=\"898\" src=\"https:\/\/parcoursdesdames.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/raymonde_vincent_dans_bio.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-898\" srcset=\"https:\/\/parcoursdesdames.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/raymonde_vincent_dans_bio.png 350w, https:\/\/parcoursdesdames.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/raymonde_vincent_dans_bio-214x299.png 214w\" sizes=\"auto, (max-width: 350px) 100vw, 350px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Raymonde Vincent 1908-1985<\/figcaption><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-a89b3969 wp-block-buttons-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-button\"><a class=\"wp-block-button__link wp-element-button\" href=\"https:\/\/parcoursdesdames.fr\/index.php\/archives\/\">Archives multim\u00e9dia<\/a><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-button\"><a class=\"wp-block-button__link wp-element-button\" href=\"https:\/\/parcoursdesdames.fr\/index.php\/le-parcours\/\">Le Parcours<\/a><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Raymonde Vincent na\u00eet dans le hameau de Villours sur la commune d\u2019Argy en 1908 dans une famille de paysans puis habite \u00e0 La Tirataine \u00e0 l\u2019or\u00e9e du bois sur la commune voisine de Saint-Lactencin, o\u00f9 son p\u00e8re a b\u00e2ti lui-m\u00eame une maison de trois pi\u00e8ces avec un jardin et un hangar. 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