{"id":686,"date":"2023-05-11T08:35:39","date_gmt":"2023-05-11T08:35:39","guid":{"rendered":"https:\/\/parcoursdesdames.fr\/?page_id=686"},"modified":"2023-05-24T15:55:59","modified_gmt":"2023-05-24T15:55:59","slug":"la-dame-du-cirque-extraits-choisis","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/parcoursdesdames.fr\/index.php\/la-dame-du-cirque-extraits-choisis\/","title":{"rendered":"La dame du cirque : extraits choisis"},"content":{"rendered":"\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><em>La dame du cirque<\/em> : <a href=\"https:\/\/parcoursdesdames.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/Sarah_Caryh_Rancy_la_Dame_du_cirque_42_51_113_119.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">version imprimable<\/a> (PDF)<\/li>\n\n\n\n<li><em>La dame du cirque<\/em> : <a href=\"https:\/\/parcoursdesdames.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/Sarah_Caryh_Rancy_la_Dame_du_cirque_42_51_113_119.epub\">version pour tablette<\/a> (EPUB)<\/li>\n\n\n\n<li><em>La dame du cirque<\/em> : <a href=\"https:\/\/parcoursdesdames.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/la_dame_du_cirque.zip\">version int\u00e9rop\u00e9rable<\/a> (XML-TEI)<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h3>Table des mati\u00e8res<\/h3>\n<ul><li><a href=\"#anecdotes\"> Des anecdotes <\/a><\/li>\n<li><a href=\"#monde\"> Du monde ! <\/a><\/li><li><a href=\"#anicroches\"> Des anicroches <\/a><\/li>\n<li><a href=\"#Sarah\"> Sarah se raconte \u00ab\u00a0J&rsquo;ai choisi d&rsquo;\u00eatre saltimbanque\u00a0\u00bb <\/a><\/li><\/ul>\n\n           <div id=\"anecdotes\">\n                <h2> Des anecdotes <\/h2>\n                <p><i>[Pages non num\u00e9ris\u00e9es: 1-41]<\/i><\/p>\n                <p>Yvonne et toi revenez \u00e0 la maison et vous entrez dans ta chambre. Une odeur de\n                    gaz vous inqui\u00e8te&#8230; Tu ouvres la salle de bains et vous reculez devant l\u2019air\n                    asphyxiant qui vous suffoque. Que voyez-vous sur le divan (un divan dans une\n                    salle de bains&#8230;), \u00abdans une pose abandonn\u00e9e, une main pendante effleurant la\n                    mosa\u00efque\u00bb ? C\u2019est Josette qui est \u00e9tendue sans connaissance. Tu te pr\u00e9cipites\n                    pour lui faire une respiration artificielle pendant que ton amie bondit vers la\n                    fen\u00eatre pour l\u2019ouvrir. Josette est sauv\u00e9e. Elle avait coup\u00e9 la conduite de gaz,\n                    mang\u00e9 le savon et bu la bouteille d\u2019encre, ce qui lui valut un interminable\n                    vomissement d\u2019une g\u00e9n\u00e9reuse mousse violette !<\/p>\n                <p>Tu ne te laisses jamais attendrir par les mimiques de tes compagnons, m\u00eame si tu\n                    les pardonnes toujours ; tu les consid\u00e8res avec respect : \u00abEn r\u00e9compense de\n                    votre beau travail, mademoiselle, <\/p>\n                <p>vous aurez, en guise de d\u00eener, un succulent vomitif ! Ca vous apprendra \u00e0 jouer\n                    les stars d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es !\u00bb Josette est enferm\u00e9e dans sa maison et condamn\u00e9e \u00e0\n                    pousser, seule, ses g\u00e9missements.<\/p>\n                <p>La vie ne s\u2019arr\u00eate pas l\u00e0. Alors que les domestiques \u00e9taient accourus vers la\n                    chambre, la cuisine \u00e9tait abandonn\u00e9e&#8230; Elle fut \u00abmise \u00e0 sac par ses familiers \u00e0\n                    quatre pattes\u00bb. J\u2019apprends que tu avais deux chiens, Fatou et Kiki, et quelle\n                    M\u00e9nagerie !, avec un M majuscule, bien s\u00fbr! \u00abLa bonne gueule hirsute et carr\u00e9e\n                    de Fatou, le berger beauceron, dispara\u00eet dans la motte de beurre ; Kiki, le\n                    berger allemand, de ses dents de scie d\u00e9vore un poulet ; Djinn grondant, qui se\n                    donne des allures de tigre, est fort occup\u00e9 \u00e0 emporter le gigot ; Foutt-Foutt,\n                    lui, tra\u00eene \u00e0 grand-peine un pain de quatre livres (cet excentrique adore le\n                    pain) ; et Pouika, les yeux au ciel, ronronnante et p\u00e2m\u00e9e, \u00abfait son pain\u00bb,\n                    c\u2019est-\u00e0-dire ses griffes, sur un paquet de bas de soie ! \u00bb (Yvonne Boymond, op.\n                    cit., p. 15).<\/p>\n                <p>Tu ma\u00eetrises la situation comme tu le souhaites, \u00e0 ce moment-l\u00e0, avec amour et\n                    humour : \u00abNon ! non ! mais regardez-les, ces bandits ! ces vandales ! Ils sont\n                    trop dr\u00f4les ! Ils sont trop gentils !\u00bb. \u00abL\u2019\u00e9pilogue de ce drame multiple fut une\n                    pluie de caresses et de baisers, bien que la cuisini\u00e8re ait eu la main travers\u00e9e\n                    par les dents de Djinn-le-Cruel en essayant de lui reprendre le gigot&#8230;\u00bb.<\/p>\n                <p>Vous retournez soigner le chimpanz\u00e9 dans la salle de bains et Guy, l\u2019un des\n                    soigneurs, vient te chercher. Vous revoil\u00e0 dans la grange. \u00abMademoiselle, nous\n                    ne pouvons faire rentrer ni Prince, ni Olga&#8230;\u00bb. Mademoiselle ?!&#8230;c\u2019\u00e9tait donc\n                    avant ton mariage avec Henry (1928). \u00abDans la cage centrale, contre le sabot de\n                    Cora, Prince est couch\u00e9 qui nous d\u00e9fie du regard, puissant et majestueux. Devant\n                    le sabot de Nelly, sur les barreaux duquel elle aiguise doucement son muffle,\n                    Olga est assise. Olga et Nelly se sont prises d\u2019une tendresse passionn\u00e9e l\u2019une\n                    pour l\u2019autre et ne veulent plus se quitter. Prince est amoureux de Cora\u00bb. Or, le\n                    lion est un animal tr\u00e8s amoureux, tr\u00e8s fid\u00e8le et tr\u00e8s jaloux&#8230; Tu g\u00e8res la\n                    situation en faisant appel aux estomacs &#8211; \u00abL\u2019attrait de la chair saignante a \u00e9t\u00e9\n                    plus fort que celui de la chair vivante !\u00bb &#8211; et tout rentre dans l\u2019ordre.<\/p>\n                <p>Apr\u00e8s toutes ces p\u00e9rip\u00e9ties d\u2019une seule journ\u00e9e \u00e0 <span style=\"font-weight:bold\" id=\"place001\">Saint-Lactencin<\/span>, je t\u2019imagine savourant un alcool au salon avec\n                    Yvonne, un chat sur les genoux, peut-\u00eatre pas Djinn-le-Cruel qui, ce jour-l\u00e0,\n                    m\u00e9ritait bien son nom, mais plut\u00f4t Pouika la langoureuse, sans oublier de monter\n                    \u00e0 l\u2019\u00e9tage pour surveiller l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 de Josette la malheureuse. A moins que\n                    ce ne f\u00fbt Foutt-Foutt, lui qui savait te rapporter des pr\u00e9sents apr\u00e8s une\n                    journ\u00e9e de chasse.<\/p>\n                <p>Aux dires d\u2019Yvonne Boymond, \u00abquand il \u00e9tait \u00e0 <span style=\"font-weight:bold\" id=\"place001\">Saint-Lactencin<\/span>, il devenait presque un chat haret\u00bb,\n                    c\u2019est-\u00e0-dire un chat domestique qui retrouve ses instincts de nature, ce qui\n                    suscitait l\u2019inqui\u00e9tude de \u00absa m\u00e8re\u00bb. Un jour, il d\u00e9posa, tout haletant, un jeune\n                    lapin \u00e0 tes pieds et fut r\u00e9compens\u00e9 d\u2019un bol de lait. Mais Yvonne et toi e\u00fbtes\n                    beaucoup de remords pendant le repas qui suivit, Sarah ayant r\u00e9alis\u00e9 son\n                    ingratitude de ne pas lui en avoir donn\u00e9 une miette : \u00abEt voil\u00e0 qu\u2019au dessert je\n                    vis tout \u00e0 coup Sarah sursauter et se rembrunir, en prof\u00e9rant un \u00ab Oh !&#8230;\u00bb\n                    lourd de tristesse\u00bb (op. cit., p. 201). Sarah, tu ne plaisantais pas avec les\n                    r\u00e8gles de la dignit\u00e9&#8230; animale.<\/p>\n            <\/div>\n\n            <div id=\"monde\">\n                <h2> Du monde ! <\/h2>\n\n\n                <p>A <span style=\"font-weight:bold\" id=\"place001\">Saint-Lactencin<\/span>, en ce temps-l\u00e0, il y a\n                    du monde et du beau monde ! Et des belles voitures ! Les Ann\u00e9es Folles \u00e0\n                        <span style=\"font-weight:bold\" id=\"place001\">Saint-Lactencin<\/span>. <\/p>\n                <p>La <span style=\"font-weight:bold\" id=\"\">\u00ab Maison et Hostel de Saint-Lactencin \u00bb<\/span> du XVI\u00e8me\n                    si\u00e8cle s\u2019est prise aux mots. Elle est un vrai restaurant enregistr\u00e9 au Tribunal\n                    de Commerce de Ch\u00e2teauroux sous le nom de <span style=\"font-weight:bold\" id=\"\">\u00ab Manoir de Saint-Lactencin\n                        \u00bb<\/span> \u00e0 compter du 8 octobre 1932. D\u2019apr\u00e8s plusieurs t\u00e9moignages,\n                    elle est m\u00eame un h\u00f4tel&#8230; Pour les habitu\u00e9s ? Pour les touristes ? Qui a dormi\n                    dans ma chambre ?<\/p>\n                <p>La ma\u00eetresse des lieux a am\u00e9nag\u00e9 un bar dans l\u2019une des caves avec des tonneaux\n                    renvers\u00e9s et des peaux de serpents qui pendent au plafond &#8211; probablement celle\n                    o\u00f9 se trouve le vieux billard fran\u00e7ais- &#8230; et des filles. Elle y re\u00e7oit ses\n                    amis, le samedi et le dimanche, pour des soir\u00e9es \u00abimpossibles !\u00bb, \u00abmonumentales\n                    !\u00bb. Au petit matin, les convives qui repartent se trompent de route et\n                    s\u2019enfoncent dans le chemin qui m\u00e8ne&#8230; chez le petit Michel, toujours aux\n                    premi\u00e8res loges !<\/p>\n                <p>Le petit Andr\u00e9 vivait aussi sur la commune, dans la ferme de Jumeaux, avec ses\n                    parents et grands-parents. Sarah \u00e9tait venue voir si elle pouvait acheter\n                    quelques lapins pour son \u00abboa\u00bb, qui s\u2019enroulait autour d\u2019elle. La grand-m\u00e8re\n                    Louise avait c\u00e9d\u00e9 une b\u00eate et le python l\u2019avait aval\u00e9 tout cru, par terre, sous\n                    ses yeux. Elle n\u2019avait pas appr\u00e9ci\u00e9 et Sarah n\u2019\u00e9tait pas revenue. Mais Andr\u00e9\n                    avait un cousin dans la Marine, Julien, qui n\u2019avait peur de rien. Lors d\u2019une\n                    permission, il \u00e9tait all\u00e9 boire un verre chez Sarah. Le p\u00e8re d\u2019Andr\u00e9 n\u2019avait pas\n                    pu le r\u00e9cup\u00e9rer comme pr\u00e9vu ; Julien avait pass\u00e9 la nuit \u00e0 la gendarmerie de\n                    Buzan\u00e7ais ! La bo\u00eete de nuit n\u2019avait pas dur\u00e9 tr\u00e8s longtemps car on y cherchait\n                    trop souvent la bagarre&#8230;<\/p>\n                <p>Il est difficile d\u2019identifier toutes les personnes qui ont travaill\u00e9 chez Sarah.\n                    D\u2019apr\u00e8s Didier et Maxime, elle avait \u00e0 son service un gar\u00e7on de caf\u00e9, une femme\n                    de m\u00e9nage, brune, d\u2019Argenton, et un ma\u00eetre d\u2019h\u00f4tel. Le polonais Yanek, un bon\n                    gar\u00e7on qui faisait partie du pays, s\u2019occupait de tout ; il y avait aussi un\n                    hongrois et Guy, qui, para\u00eet-il, avait beaucoup de succ\u00e8s aupr\u00e8s des jeunes\n                    filles, sans doute le soigneur dont parle Yvonne Boymond. S\u2019occupait des lions\n                    et de leur ravitaillement \u00e0 <span style=\"font-weight:bold\" id=\"\">Buzan\u00e7ais<\/span> avec Gino Spini.\n                    \u00abIl en passait pas mal !\u00bb, aux dires de Michel, sans compter les \u00abscieurs de\n                    long\u00bb, qui faisaient des planches dans la scierie pr\u00e8s de l\u2019Eglise (il y avait\n                    eu, avant Sarah, une distillerie de betteraves \u00e0 cet endroit, sans doute sous I\u2019\n                    \u00ab\u00e8re industrielle\u00bb de la famille de Poix).<\/p>\n                <p>Yvonne Boymond raconte qu\u2019un jour, alors que tu \u00e9tais \u00e0 <span style=\"font-weight:bold\" id=\"place001\">Saint Lactencin<\/span>, \u00abun grand jeune homme sympathique se pr\u00e9senta\n                    pour Remplacer le soigneur qui venait de s\u2019\u00e9tablir cafetier\u00bb. \u00abComme il avait\n                    l\u2019air timide et assez embarrass\u00e9, Sarah, qui avait grand besoin d\u2019un commis,\n                    \u00e9vita de lui poser des questions. Elle lui demanda seulement s\u2019il savait\n                    s\u2019occuper des fauves\u00bb (op. cit, p. 111). Comme il ne savait pas, Sarah lui\n                    montra comment s\u2019y prendre avec le balai, la raclette et le seau d\u2019eau et elle\n                    l&#8217;embaucha. Elle \u00e9tait tout \u00e0 fait satisfaite de ses services, mais lui ne\n                    pouvait s\u2019habituer aux lions. Sarah pensa que cela le changeait peut-\u00eatre de son\n                    ancien m\u00e9tier : \u00abQue faisiez-vous donc avant d\u2019\u00eatre ici ?\u00bb. Et l\u2019homme r\u00e9pondit\n                    : J\u2019\u00e9tais berger, Madame&#8230;\u00bb. \u00abAh !&#8230; je comprends\u00bb, r\u00e9pliqua Sarah, dans un\n                    \u00e9clat de rire. \u00abVous avez raison, \u00e7a vous change, en effet, un peu&#8230;\u00bb Le\n                    soigneur a-t-il pers\u00e9v\u00e9r\u00e9 ?<\/p>\n                <p>Et puis cette anecdote, relat\u00e9e par Yvonne Boymond (op. cit., p. 112) et situ\u00e9e\n                    par Jacques Dupr\u00e9 \u00e0 <span style=\"font-weight:bold\" id=\"place001\">Saint-Lactencin<\/span>. Sarah\n                    avait embauch\u00e9 un soigneur italien, Tonio, qui l\u2019intriguait par ses bonnes\n                    mani\u00e8res ; il balayait le plancher en chemise de soie blanche, culotte de cheval\n                    beige et bottes marron : \u00abQu\u2019est-ce qui a encore bien pu lui arriver, \u00e0\n                    celui-l\u00e0&#8230;?\u00bb. Il faisait du z\u00e8le en brossant Sultan (Sultan \u00e0 <span style=\"font-weight:bold\" id=\"place001\">Saint Lactencin<\/span> ; c\u2019est possible puisque Sarah y\n                    remisait ses lions) avec un balai-brosse \u00e0 travers la grille !<\/p>\n                <p>Yvonne devina qu\u2019il \u00e9tait amoureux de Sarah, \u00abLa Madona\u00bb : \u00abAh ! ce charme ! Ah !\n                    ces souplesses ! ces souplesses onduleu\u00acses de tigresse en amour, elles me\n                    rendent malade\u00bb&#8230; C\u2019\u00e9tait un richissime fils de marquis, propri\u00e9taire d\u2019un\n                    couple de lions, qu\u2019il voulait offrir \u00e0 Sarah&#8230; avec son c\u0153ur. Sarah sut\n                    l\u2019\u00e9loigner en faisant appel \u00e0 un membre de la colonie italienne de Paris. Elle\n                    avait le bras long, m\u2019avaient dit les Anciens de Saint-Lactencin.<\/p>\n                <p>On se souvient des fr\u00e9quentations de la dompteuse, du soi-disant aviateur, dont\n                    le gros chien de Sarah avait emport\u00e9 la fesse, du m\u00e9decin, du colonel, du\n                    marchand de chapeaux, du vendeur d\u2019articles d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, du directeur d\u2019une\n                    marque de voiture, et, bien s\u00fbr, du dentiste Palmier. Le m\u00e9decin local avait\n                    l\u2019air moins au fait de ce qui pouvait advenir au ch\u00e2teau. Jacques Dupr\u00e9 nous\n                    livre une histoire de serpent parmi d\u2019autres. \u00abLa surprise effar\u00e9e du bon\n                    m\u00e9decin de <span style=\"font-weight:bold\" id=\"\">Villedieu<\/span> venu au chevet de Sarah \u00e0 <span style=\"font-weight:bold\" id=\"place001\">Saint-Lactencin<\/span> et qui, d\u00e9couvrant le lit pour\n                    l\u2019examiner, \u00e9prouva le choc de sa vie en voyant surgir d\u2019une corbeille plac\u00e9e au\n                    fond du lit, entre les pieds de la patiente, les t\u00eates de plusieurs reptiles\n                    tir\u00e9s brusquement de leur douce torpeur, qui dardaient vers lui leur langue\n                    bifide\u00bb (op. cit., p.30).<\/p>\n                <p>Une autre fois, c\u2019est le jeune \u00e9lectricien, appel\u00e9 \u00e0 r\u00e9parer la poire d\u2019une lampe\n                    de chevet dans la chambre de Sarah, qui eut la surprise : \u00abL\u2019apprenti commence\n                    son travail, quand tout \u00e0 coup il se croit le jouet d\u2019une hallucination\u00bb&#8230; le\n                    couvre-lit se transforme en tapis volant mena\u00e7ant ! (Jacques Dupr\u00e9, op. cit., p.\n                    30).<\/p>\n            <\/div>\n\n            <div id=\"anicroches\">\n                <h2> Des anicroches <\/h2>\n\n\n                <p>La vie s\u2019emballait parfois. Michel insiste : la brave Sarah avait un c\u0153ur d\u2019or ;\n                    elle \u00e9tait g\u00e9n\u00e9reuse. T\u00e9moignage confirm\u00e9 par Fernande : \u00ab Elle \u00e9tait tr\u00e8s\n                    gentille, jamais mes parents ne se sont plaints d\u2019elle \u00bb. Un jour, la voiture de\n                    Sarah avait un pneu crev\u00e9 ; l\u2019oncle de Michel, qui avait une Renault, avait\n                    pr\u00eat\u00e9 un pneu de secours : \u00abJ\u2019vais jamais I\u2019 revoir&#8230;\u00bb. Sarah avait renvoy\u00e9 un\n                    pneu par le chemin de fer, avec une enveloppe.<\/p>\n                <p>Maxime et Michel cueillaient les fraises dans le jardin. Sarah leur donnait\n                    chacun dix francs. \u00abUne fortune pour nous autres ! On s\u2019en vantait pas car not\u2019\n                    m\u00e8re nous les aurait pris\u00bb. Ils faisaient les jardiniers avec la peur au ventre,\n                    il est vrai, \u00e0 cause des vip\u00e8res. Sans la r\u00e9compense, ils ne l\u2019auraient jamais\n                    fait. Lorsqu\u2019elle vivait au <span style=\"font-weight:bold\" id=\"\">Fay<\/span>, d\u00e9munie, Sarah avait\n                    donn\u00e9 un franc \u00e0 un passant de la route nationale 20.<\/p>\n                <p>Sarah \u00e9tait aussi capable de s\u2019emporter magistralement et, m\u00eame jeune, elle avait\n                    la voix grave. \u00abElle piquait de ces col\u00e8res !\u00bb (Michel). Sarah avait cong\u00e9di\u00e9\n                    Yanek. Alors qu\u2019il dormait encore en haut dans le ch\u00e2teau, \u00abSarah avait balanc\u00e9\n                    ses affaires dans le jardin !\u00bb (Michel). Une autre fois, une altercation entre\n                    un pro\u00acche de Sarah et un homme du village s\u2019\u00e9tait termin\u00e9e par un coup de\n                    fourche sur la t\u00eate et un K.O. au milieu des moutons dans la bergerie&#8230; et\n                    s\u2019\u00e9tait sold\u00e9e par un proc\u00e8s. On raconte encore que, peu de temps avant la vente\n                    de sa propri\u00e9t\u00e9, Sarah voulait vendre des vaches au m\u00e9tayer alors qu\u2019il en \u00e9tait\n                    d\u00e9j\u00e0 propri\u00e9taire, ce qui fut \u00e0 l\u2019origine d\u2019une bagarre. Sarah voulut battre le\n                    m\u00e9tayer qui r\u00e9ussit \u00e0 s\u2019\u00e9chapper chez lui, d\u2019o\u00f9 il pouvait se d\u00e9fendre ;\n                    celui-ci donna un coup de b\u00e2ton \u00e0 l\u2019amant de Sarah qui fut bless\u00e9&#8230; le\n                    lendemain vinrent les policiers. Sans doute est-ce la m\u00eame histoire&#8230; L\u2019affaire\n                    ne s\u2019\u00e9tait pas tellement \u00e9bruit\u00e9e.<\/p>\n                <p>Plus dramatique, en 1926, le puits du ch\u00e2teau, \u00e0 cause des toilettes install\u00e9es\n                    dans le colombier, fut sans doute responsable de la typho\u00efde qui emporta le\n                    grand-p\u00e8re et le parrain de Michel. Quelques ann\u00e9es plus tard, Didier, qui avait\n                    droit au puits, en fut gravement malade et avait pu \u00eatre sauv\u00e9 par de nouveaux\n                    m\u00e9dicaments. A l\u2019\u00e9poque, il n\u2019\u00e9tait pas question de r\u00e9clamer.<\/p>\n                <p>D\u2019apr\u00e8s Gilette, les artisans n\u2019\u00e9taient pas toujours pay\u00e9s ; apr\u00e8s avoir pr\u00e9venu\n                    de leur arriv\u00e9e, il n\u2019\u00e9tait pas rare que Sarah se pr\u00e9sent\u00e2t \u00e0 eux avec son\n                    serpent python, ce qui n\u2019\u00e9tait pas bon signe. Elle donnait \u00e0 qui elle voulait&#8230;\n                    des jouets \u00e0 Odile et Jean, pour les f\u00eates. Leur m\u00e8re, Jeanne, tenait le\n                    t\u00e9l\u00e9phone public, presque en face de la mairie. Tu venais souvent y t\u00e9l\u00e9phoner\n                    avant d\u2019installer le t\u00e9l\u00e9phone au ch\u00e2teau et Jeanne fournissait les lapins pour\n                    le repas du python. Les pauvres b\u00eates, hypnotis\u00e9es, se dirigeaient directement\n                    dans la gueule du boa&#8230;<\/p>\n                <p>La couturi\u00e8re de <span style=\"font-weight:bold\" id=\"\">Ch\u00e2teauroux<\/span> aussi avait tes faveurs. Elle\n                    dit que tu \u00e9tais tr\u00e8s bonne. Tu lui avais offert un rideau de sc\u00e8ne de serge\n                    noire, dans lequel elle fit deux vestes, une pour son mari et une pour son\n                    beau-fr\u00e8re. Pendant la guerre, alors qu\u2019un de tes serpents \u00e9tait mort, tu fis\n                    tanner la peau au profit d\u2019une paire de chaussures et d\u2019un sac. Tu lui demandas\n                    d\u2019orner une robe du reste de la peau et tu lui dis de conserver le reste&#8230; cela\n                    lui porterait chance. Elle les garda dans un porte-monnaie o\u00f9 ils voisinaient\n                    avec un morceau de corde de pendu et un tr\u00e8fle \u00e0 quatre feuilles !<\/p>\n                <p>Mais, de toute fa\u00e7on, \u00abSarah gagne toujours\u00bb, me dit Michel. Ce qui n\u2019est pas\n                    vrai&#8230; Quoique&#8230; Le 23 avril 1975, quatre ans avant sa disparation, Sarah perd\n                    son proc\u00e8s contre Sabine Rancy. La veuve d\u2019Andr\u00e9 lui contestait le droit\n                    d\u2019exploiter un cirque au nom de Rancy. Elle lui reprochait de lui faire une\n                    concurrence d\u00e9loyale par l\u2019emploi de son nom patronymique, qui aurait pu pr\u00eater\n                    \u00e0 confusion, alors qu\u2019elle-m\u00eame utilisait ce nom dans une activit\u00e9\n                    similaire.<\/p>\n                <p>Sabine Rancy est n\u00e9e en 1929 et, d\u2019apr\u00e8s Dominique Mauclair (Rancy : la noblesse\n                    du cirque, revue Le cirque dans l\u2019univers, n\u00b0222, 3\u00e8me trimestre 2006, p. 4 \u00e0\n                    11), vit, \u00e0 78 ans, en Italie, au milieu de ses vignes. Edouard Herriot s\u2019\u00e9tait\n                    sp\u00e9cialement d\u00e9plac\u00e9 pour c\u00e9l\u00e9brer le mariage \u00e0 <span style=\"font-weight:bold\" id=\"\">Lyon<\/span> de\n                    l\u2019h\u00e9riti\u00e8re d\u2019une belle lign\u00e9e. Elle est l\u2019arri\u00e8re-petite-fille de Th\u00e9odore\n                    Rancy, fondateur du cirque Rancy en 1856 ; elle est la petite-fille de Napol\u00e9on\n                    Rancy, cr\u00e9ateur du cirque Napol\u00e9on Rancy et la fille de Henri Rancy qui a\n                    remont\u00e9 le cirque du m\u00eame nom.<\/p>\n                <p>Napol\u00e9on avait un fr\u00e8re pr\u00e9nomm\u00e9 Alphonse, mari\u00e9 \u00e0 Jeanne Bidel ; ce sont les\n                    parents d\u2019Andr\u00e9 et c\u2019est dans cette branche de l\u2019arbre que se situent Albert et\n                    Marcelle, les fr\u00e8re et s\u0153ur d\u2019Andr\u00e9 &#8211; Marcelle, la s\u0153ur arr\u00eat\u00e9e par la gestapo\n                    avec Andr\u00e9 et Sarah -, et la nombreuse descendance de Marcelle, \u00e9pouse de Jean\n                    Houcke, dont la belle Sarah Houcke qui perp\u00e9tue aujourd\u2019hui la tradition du\n                    dressage dans la prestigieuse lign\u00e9e et sait aussi pr\u00e9senter un num\u00e9ro de\n                    fauves.<\/p>\n                <p>Le cirque Sabine Rancy, n\u00e9 en 1963, a \u00e9t\u00e9 le dernier cirque Rancy. N\u2019ayant pu\n                    investir suffisamment \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 \u00abla crise du cirque se pr\u00e9cise, surtout la\n                    crise des cirques voyageurs\u00bb (op. pit., p. 10), et ayant \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 par deux\n                    deuils, dont celui de son \u00e9poux, Dany Renz, pi\u00e9tin\u00e9 par une de ses \u00e9l\u00e9phantes en\n                    1972, le cirque ferme ses portes en 1977. Pourtant, \u00abpeu de temps avant l\u2019arr\u00eat\n                    d\u00e9finitif du cirque Sabine Rancy, l\u2019ensemble des convois va changer de couleur\n                    pour l\u2019ann\u00e9e 1976\u00bb (V\u00e9hicules et convois de cirque, Volume 2, Jean-Fran\u00e7ois\n                    Lecoutre, Auto\u00e9dition Cirque, 2006, p. 69 \u00e0 71). Les couleurs adopt\u00e9es \u00e0 la\n                    cr\u00e9ation \u00e9taient le rouge avec des lettres blanches ; elles deviennent le jaune\n                    et le blanc avec des lettres bleues, toujours sans aucune d\u00e9coration.<\/p>\n                <p>C\u2019est la m\u00eame ann\u00e9e, dans son num\u00e9ro du 3 mai 1976, que La Vie Judiciaire annonce\n                    la d\u00e9cision de la premi\u00e8re chambre du Tribunal de Grande Instance de\n                        <span style=\"font-weight:bold\" id=\"\">Bourges<\/span>, pr\u00e9voyant qu\u2019elle \u00abr\u00e9jouira les Lyonnais qui\n                    conservent toujours dans un coin r\u00e9joui de leur m\u00e9moire le nom de Rancy associ\u00e9\n                    \u00e0 celui de \u00abCirque\u00bb\u00bb. \u00abIl a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 que l\u2019emploi, sur les couvertures du\n                    programme et sur tout autre moyen publicitaire, du nom de \u00abCirque Sabine Rancy\u00bb\n                    ne montre pas que dame Sabine Rancy tendit \u00e0 exploiter le nom qui est le sien\n                    d\u2019une mani\u00e8re abusive, pareille inscription ne faisant que rappeler la filiation\n                    de l\u2019utilisatrice\u00bb.<\/p>\n                <p>Sarah obtient quand m\u00eame satisfaction sur un point, l\u2019obligation faite \u00e0 Sabine\n                    de faire pr\u00e9c\u00e9der son patronyme de son pr\u00e9nom, ce qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 le cas.\n                    L\u2019article de la revue Le cirque dans l\u2019univers (Le cirque Sabine Rancy est bien\n                    le cirque Rancy, 3\u00e8me trimestre 1976, p. 16) conclut, quant \u00e0 lui, en mettant en\n                    balance les droits du sang et les droits de l\u2019alliance, ceux de Sarah, Rancy par\n                    alliance : \u00abD\u00e9cid\u00e9ment, en mati\u00e8re artistique, mati\u00e8re noble s\u2019il en est, les\n                    \u00abdroits du sang\u00bb l\u2019emportent sur ceux de l\u2019alliance, exactement comme dans les\n                    r\u00e8gles de la soci\u00e9t\u00e9 f\u00e9odale. Les moeurs changent, croit-on, mais pas les hommes\n                    eux-m\u00eames ! \u00ab Sarah aurait-elle souffl\u00e9 ce commentaire \u00e0 la revue ?! <\/p>\n                <p>Jacques Rancy (auteur de La magie du cirque. Les Rancy de 1785 \u00e0 nos jours,\n                    Editions Lugd, Lyon, 1994), le neveu d\u2019Andr\u00e9, qui habite\n                        <span style=\"font-weight:bold\" id=\"\">Paris<\/span>, se souvient que Sabine arrivait tout feu tout\n                    flamme chez son avocat. Mais celui-ci \u00e9tait d\u00e9sol\u00e9 de ne pouvoir d\u00e9fendre\n                    l\u2019ind\u00e9fendable, \u00e0 savoir l\u2019exclusivit\u00e9 en faveur de Sabine. <\/p>\n                <p>Sarah n\u2019a jamais voulu, semble-t-il, c\u00e9der sa licence de cirque \u00e0 Sabine. C\u2019est\n                    avec M. Carrington qu\u2019elle signa, un mercre\u00acdi apr\u00e8s-midi (jour de fermeture),\n                    dans la salle du restaurant <span style=\"font-weight:bold\" id=\"\">L\u2019Alouette au Fay<\/span> (commune de\n                        <span style=\"font-weight:bold\" id=\"\">Parnac<\/span>), juste quelques jours avant de partir pour\n                    l\u2019h\u00f4pital&#8230; Un \u00e9t\u00e9, les tenanciers du restau\u00acrant retrouv\u00e8rent le cirque de M.\n                    Carrington sur la c\u00f4te atlantique et furent trait\u00e9s en \u00abvery important persons\u00bb.\n                    Sarah s\u2019\u00e9tait faite la gardienne du nom, mais ce nom a aujourd\u2019hui disparu de la\n                    sc\u00e8ne circassienne.<\/p>\n                <p>Dans un autre contexte, Sarah avait bel et bien d\u00e9fendu sa propre cause lorsque\n                    le propri\u00e9taire de la fermette de la <span style=\"font-weight:bold\" id=\"\">Tour de Gireugne<\/span>, le\n                    grand oncle maternel de Gabriel, avait voulu augmenter le fermage pour cause\n                    d\u2019utilisation non agricole. Sarah avait en effet transform\u00e9 la fermette en\n                    cabaret tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9 pour ses soir\u00e9es gays. Ses amis lui avaient trouv\u00e9 un\n                    avocat tr\u00e8s astucieux. Celui-ci avait plaid\u00e9 le fait qu\u2019avec ses lions et autres\n                    animaux elle avait un tas de fumier et donc des pratiques agricoles ! Le loyer\n                    \u00e9tait rest\u00e9 tr\u00e8s avantageux. <\/p>\n            <\/div>\n            <div id=\"Sarah\">\n                <h2> Sarah se raconte \u00ab\u00a0J&rsquo;ai choisi d&rsquo;\u00eatre saltimbanque\u00a0\u00bb <\/h2>\n                <p><i>[Pages non num\u00e9ris\u00e9es: 52-112]<\/i><\/p>\n                <p>Mon joli petit chien (1. le dernier chien de Sarah, un bouledogue fran\u00e7ais), tu\n                    me regardes avec des yeux tendres, mais aussi avec des yeux tr\u00e8s inquiets. Tu te\n                    dis : qui est cette vieille dame avec une canne qui vient de m\u2019emporter ? Il\n                    faut donc que je te mette au courant, mon petit chien, de tout et que tu sois\n                    tranquille. Cette canne, elle n\u2019est pas faite pour taper sur les chiens, sur\n                    aucune b\u00eate. Elle est faite peut-\u00eatre pour te d\u00e9fendre, mais elle est faite pour\n                    soutenir ma jambe d\u00e9ficiente.<\/p>\n                <p>Mon petit chien, tu te demandes comment cette dame du cirque peut aimer autant\n                    les animaux. Ils ont \u00e9t\u00e9 toute sa vie. Et voil\u00e0 comment j\u2019y suis venue.<\/p>\n                <p>J\u2019\u00e9tais une toute petite fille dont le papa \u00e9tait mort et qui vivais chez une de\n                    ses grands-m\u00e8res. Un jour, dans le petit village, un petit cirque, ce que l\u2019on\n                    appelle un palque, est venu, et, du haut de mes quatre ans, on m\u2019a install\u00e9e \u00e0\n                    une fen\u00eatre pour regarder le spectacle.<\/p>\n                <p>Merveille des merveilles : une petite fille de mon \u00e2ge passait sur un fil de fer.\n                    Ma vocation est venue de l\u00e0. D\u00e8s que j\u2019ai vu cette petite fille, cette chose\n                    merveilleuse, cette chose a\u00e9rienne, ma vie \u00e9tait d\u00e9cid\u00e9e.<\/p>\n                <p>Les ann\u00e9es ont pass\u00e9, et puis un jour, de discussions familiales en discussions\n                    familiales dans cette famille trop bourgeoise, je les ai quitt\u00e9s.<\/p>\n                <p>J\u2019ai appris la danse, et puis j\u2019ai \u00e9t\u00e9 me promener dans les f\u00eates foraines. Et\n                    j\u2019ai vu pour la premi\u00e8re fois de ma vie ces merveilleuses m\u00e9nageries. Ces\n                    m\u00e9nageries de f\u00eates foraines, o\u00f9 le travail \u00e9tait, il faut bien le dire,\n                    remarquable. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 trouver un dompteur c\u00e9l\u00e8bre, le dompteur Marcel, et j\u2019ai\n                    demand\u00e9 \u00e0 entrer dans les cages, \u00e0 venir y danser, et ces braves gens m\u2019ont\n                    accueillie.<\/p>\n                <p>Ils m\u2019ont accueillie et ils m\u2019ont appris le m\u00e9tier que j\u2019ai exerc\u00e9. Pendant cinq\n                    ans, je les ai suivis de f\u00eate foraine en f\u00eate foraine. Mais des f\u00eates foraines\n                    qu\u2019on ne voit plus maintenant. Il y avait, \u00e0 ce moment-l\u00e0, que ce soit le Tr\u00f4ne,\n                    Neuilly ou les Invalides, trois grands arques : Fanni (2. s\u2019\u00e9crit tant\u00f4t avec un\n                    i, tant\u00f4t avec un y), Zanfretta, Lambert, avec des parades o\u00f9 les paillettes ne\n                    manquaient pas. Il y avait quatre m\u00e9nageries : Marcel, Laurent, Amar et\n                    Georgiano. Il y avait aussi le th\u00e9\u00e2tre m\u00e9nagerie de Georges Marck. Il y avait le\n                    th\u00e9\u00e2tre des magiciens, la femme au long cou, l\u2019\u00aba\u00e9rogyne\u00bb, la femme qui passait\n                    dans le vide en automobile. Enfin, beaucoup d\u2019autres attractions que vous ne\n                    verrez plus maintenant, les f\u00eates foraines sont finies.<\/p>\n                <p>Il y avait une lumi\u00e8re, un entrain, que nous ne retrouverons certainement plus\n                    jamais.<\/p>\n                <p>C\u2019est dans cette atmosph\u00e8re que j\u2019ai pris le go\u00fbt, d\u00e9finitif et pour toute ma\n                    vie, de la joie de ce travail.<\/p>\n                <p>C\u2019est \u00e0 la f\u00eate de Neuilly que pour la premi\u00e8re fois je suis rentr\u00e9e dans la\n                    cage. J\u2019y dansais, et le dompteur qui me pr\u00e9servait \u00e9tait une femme. Elle\n                    s\u2019appelait Martha-la-Corse. Elle avait un num\u00e9ro en douceur, et, dans ce num\u00e9ro,\n                    parmi les lions, il y avait un petit chien, un nomm\u00e9 Kiki. Il faisait, je peux\n                    dire, un final magnifique dans ce num\u00e9ro. Et c\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai dans\u00e9 dans la\n                    cage aux lions pour la premi\u00e8re fois.<\/p>\n                <p>Et puis, petit \u00e0 petit, je me suis habitu\u00e9e \u00e0 rentrer seule. J\u2019ai pr\u00e9sent\u00e9 une\n                    panth\u00e8re, Pouny, qui \u00e9tait une adorable bestiole. Et puis, enfin, je suis entr\u00e9e\n                    avec les lions. Et j\u2019ai achet\u00e9 mes premiers lions.<\/p>\n                <p>Je les ai achet\u00e9s apr\u00e8s avoir fait la saison aux Arts D\u00e9coratifs, juste en face\n                    des trois p\u00e9niches de Poiret : Amours, D\u00e9lices et Orgues. C\u2019est \u00e0 cet endroit\n                    que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 bless\u00e9e pour la premi\u00e8re fois : le lion s\u2019est pr\u00e9cipit\u00e9 sur moi,\n                    m\u2019a prise par la hanche et m\u2019a fait faire trois fois le tour de la cage dans sa\n                    gueule en me secouant comme une pauvre petite souris. Un dompteur m\u2019a aid\u00e9e, m\u2019a\n                    secourue, et m\u2019a tir\u00e9e d\u2019affaires en se faisant lui-m\u00eame blesser ; nous avons\n                    fini ensemble le num\u00e9ro et puis il a fallu m\u2019arr\u00eater pendant quinze jours.<\/p>\n                <p>G\u00e9n\u00e9ralement, c\u2019est apr\u00e8s la premi\u00e8re blessure, apr\u00e8s ce premier contact violent\n                    avec une b\u00eate, que toute votre carri\u00e8re de dompteur se dessine. Ou vous n&rsquo;y\n                    retournez plus, ou la rage vous prend de ne pas avoir \u00e9t\u00e9 la plus forte, vous y\n                    retournez, et vous y restez toute votre vie.<\/p>\n                <p>Dans ce m\u00e9tier, il n\u2019y a pas que des moments tragiques, il n\u2019y a pas que des\n                    moments difficiles ; il y a des moments de grande joie, il y a des moments\n                    amusants. On trouve dans le public m\u00eame une source d&rsquo;amusement et de plaisir ;\n                    leurs r\u00e9flexions sont quelquefois tellement idiotes, tellement saugrenues, qu\u2019on\n                    ne peut pas s\u2019emp\u00eacher de sourire.<\/p>\n                <p>A la m\u00e9nagerie Marcel, nous avions un lion tr\u00e8s beau, il s\u2019appelait Prince. Mais\n                    c\u2019\u00e9tait un petit plaisantin : quand il rentrait dans la cage, il examinait le\n                    public, il passait le long de l\u2019avant-sc\u00e8ne et il choisissait sa victime ; d\u00e8s\n                    qu\u2019il l\u2019avait trouv\u00e9e, avant qu\u2019on ait eu le temps d\u2019intervenir, il faisait une\n                    volte-face et il l\u2019inondait !<\/p>\n                <p>Entre-temps, j\u2019avais mont\u00e9 un num\u00e9ro de danse avec des serpents. Un num\u00e9ro de\n                    danse acrobatique. Avec lui, j&rsquo;ai fait beaucoup d\u2019\u00e9tablissements : La Cigale,\n                    Mogador, les cirques, L\u2019Alhambra, ce qu\u2019on appelait \u00e0 ce moment l\u00e0 la tourn\u00e9e\n                    Fournier, c\u2019est-\u00e0-dire du cin\u00e9ma qui prenait une attraction cinquante-deux\n                    semaines par an, cinquante- deux semaines de contrat.<\/p>\n                <p>Apr\u00e8s, j\u2019ai atterri dans un petit \u00e9tablissement tr\u00e8s rigolo, qui s\u2019appelait le\n                        <span style=\"font-weight:bold\" id=\"\">Moulin Bleu<\/span>. Le Moulin Bleu jouait des pi\u00e8ces un peu\n                    sp\u00e9ciales, et tr\u00e8s rigolotes. Enfin, c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 l\u2019avant-garde. C\u2019\u00e9tait pas \u00abOh\n                    ! Calcutta !\u00bb (3. Revue th\u00e9\u00e2trale d\u2019avant-garde constitu\u00e9e de divers sketches\n                    sur le th\u00e8me du sexe, 1969), mais enfin, au point de vue climat, au point de vue\n                    m\u0153urs, nous nous en rapprochions beaucoup. Je dansais au deuxi\u00e8me acte dans la\n                    fumerie d\u2019opium d\u2019une pi\u00e8ce de ce genre qui s\u2019appelait \u00abL\u2019orgie pa\u00efenne\u00bb avec\n                    mes serpents.<\/p>\n                <p>De l\u00e0, je suis pass\u00e9e au <span style=\"font-weight:bold\" id=\"\">Casino de Paris<\/span> dans une revue o\u00f9\n                    les vedettes \u00e9taient Les Dolly Sisters et X (4. Le pr\u00e9nom n\u2019est pas audible)\n                    Sherman. Quelle joie pour moi de revenir au <span style=\"font-weight:bold\" id=\"\">Casino de\n                        Paris<\/span> en demi-vedette, quelle joie de descendre toute seule le\n                    grand escalier avec mes serpents, entour\u00e9e de pas mal de femmes, de tout un\n                    ballet ! Je travaillais ce num\u00e9ro avec Florence Kolinski, une des Gertrude\n                    Hoffmann Girls.<\/p>\n                <p>Ah, j\u2019ai oubli\u00e9 de te dire qu\u2019avant de rentrer \u00e0 la m\u00e9nagerie, j\u2019\u00e9tais rest\u00e9e six\n                    mois au <span style=\"font-weight:bold\" id=\"\">Casino de Paris<\/span>, mais comme figurante. La\n                    personne qui m\u2019y a fait rentrer, Fr\u00e9d\u00e9rique Coschel, qui \u00e9tait mon professeur de\n                    danse, m\u2019avait recommand\u00e9e \u00e0 Mistinguett, qui m\u2019avait gentiment re\u00e7ue, &#8211; bien\n                    expliqu\u00e9 ce qu\u2019il fallait faire, et ne pas faire, quand nous \u00e9tions dans des\n                    tableaux o\u00f9 elle travaillait &#8211; et \u00e0 qui je dois \u00e9videmment beaucoup.<\/p>\n                <p>Ce num\u00e9ro de danse a \u00e9t\u00e9 vraiment tr\u00e8s joli, tr\u00e8s bien mont\u00e9 avec des costumes\n                    magnifiques. Madame Volterra, la femme de L\u00e9on Volterra, avait \u00e0 ce moment-l\u00e0 la\n                    direction des costumes et de la sc\u00e8ne &#8211; je parie de Simone Volterra -, et\n                    vraiment elle avait fait les choses d\u2019une fa\u00e7on magnifique.<\/p>\n                <p>Harcel\u00e9e par cette famille bourgeoise qui ne comprenait pas ma vie et qui ne\n                    comprenait pas que je puisse me plaire dans le milieu que j\u2019avais choisi, qui me\n                    cherchait \u00e9videmment d\u2019\u00e9normes difficult\u00e9s, m\u00eame au point de vue de la fortune\n                    de mon p\u00e8re, je me suis vue contrainte de me marier.<\/p>\n                <p>J\u2019ai choisi un fort beau gar\u00e7on, fils d\u2019une excellente famille. H\u00e9las&#8230; malgr\u00e9\n                    ses go\u00fbts artistes, il n\u2019aimait pas le travail et il fumait l\u2019opium et prisait\n                    la coco et il buvait le pernod. Inutile de dire que mon m\u00e9nage a \u00e9t\u00e9 un enfer.\n                    Un enfer qui a dur\u00e9 cinq ans sans que je puisse m\u2019en sortir. J\u2019avais les lions\n                    et il mena\u00e7ait toujours de les l\u00e2cher si je partais. J\u2019\u00e9tais prise dans un\n                    engrenage effarant. Et, pour terminer, nous avons eu un accident d\u2019auto un jour\n                    o\u00f9 il \u00e9tait dans un \u00e9tat qui lui \u00e9tait courant. Nous avons eu un terrible\n                    accident d\u2019auto dans lequel il a trouv\u00e9 la mort, et moi, j\u2019ai eu deux vert\u00e8bres\n                    cervicales d\u00e9bo\u00eet\u00e9es, l\u2019\u00e9paule aussi, accident qui a fait que je n\u2019ai jamais pu\n                    reprendre compl\u00e8tement mon num\u00e9ro de danse acrobatique. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9e de\n                    couper les trois quarts des figures et des acrobaties, et \u00e7a m\u2019a \u00e9videmment\n                    beaucoup g\u00ean\u00e9e ensuite pour travailler. A l\u2019heure actuelle, par les changements\n                    de temps, je souffre encore de ces deux vert\u00e8bres d\u00e9plac\u00e9es.<\/p>\n                <p>Redevenue seule, je remontai mon num\u00e9ro de lions \u00e0 mon id\u00e9e, et, sans rien dans\n                    les mains. C\u2019est l\u00e0 o\u00f9 j\u2019ai commenc\u00e9 ce dressage et cette exhibition qui m\u2019a\n                    donn\u00e9 d\u2019\u00e9normes satisfactions. Et puis j\u2019ai commenc\u00e9, j\u2019ai repris avec le cirque\n                    Pourtier, le cirque Fanni, diff\u00e9rents music-halls ; je suis pass\u00e9e dans Les\n                    Saltimbanques au <span style=\"font-weight:bold\" id=\"\">grand Casino de Vichy<\/span> avec beaucoup de\n                    succ\u00e8s.<\/p>\n                <p>J\u2019ai rencontr\u00e9, au cirque Pourtier, Andr\u00e9 Rancy, Andr\u00e9 Rancy, cet \u00e9cuyer c\u00e9l\u00e8bre,\n                    cet homme charmant et avec qui je me suis mari\u00e9e et avec qui j\u2019ai eu trente ans\n                    de bonheur. Peu de femmes peuvent en dire autant.<\/p>\n                <p>Malheureusement la guerre a \u00e9clat\u00e9 et cette guerre nous amena \u00e0 <span style=\"font-weight:bold\" id=\"place001\">Saint-Lactencin<\/span>, pr\u00e8s de\n                        <span style=\"font-weight:bold\" id=\"\">Ch\u00e2teauroux<\/span>, dans une propri\u00e9t\u00e9 que j\u2019avais, et o\u00f9 je\n                    remisais les lions d\u2019habitude. Nous avions sauv\u00e9 deux chevaux, une lionne, le\n                    reste ayant \u00e9t\u00e9 obligatoirement &#8211; parce que nous ne pouvions pas les transporter\n                    &#8211; au jardin zoologique de Vincennes.<\/p>\n                <p>Et pour nous a commenc\u00e9 une p\u00e9riode affreusement difficile. Andr\u00e9 Rancy s\u2019est\n                    m\u00eame mis \u00e0 labourer les champs avec les chevaux du cirque, avec les deux chevaux\n                    du cirque. La cavalerie qui avait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9e en Su\u00e8de n\u2019a pas pu repasser la\n                    fronti\u00e8re, elle s\u2019y est perdue.<\/p>\n                <p>Elle avait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9e en Su\u00e8de avec un ami, Toulikar\u00e9 (5. L\u2019orthographe de ce\n                    nom n\u2019est pas confirm\u00e9e), puisque nous, nous avions sign\u00e9 un engagement avec des\n                    chevaux et des lions au Casino de Paris. Engagement qui ne s\u2019est jamais r\u00e9alis\u00e9\n                    du fait de la guerre.<\/p>\n                <p>Andr\u00e9 Rancy fut mobilis\u00e9, et je restai seule dans cette exploitation de\n                    quatre-vingts hectares. Quand il revint, il y eut, quelques jours apr\u00e8s,\n                    l\u2019occupation totale de la France par les Allemands. Fatigu\u00e9s de la campagne, un\n                    peu travaill\u00e9s par les membres de la famille, nous avons pris une affaire \u00e0\n                        <span style=\"font-weight:bold\" id=\"\">Ch\u00e2teauroux<\/span>, un h\u00f4tel-bar-caf\u00e9-restaurant, et l\u00e0 nous\n                    y recevions bien \u00e9videmment tous les r\u00e9fugi\u00e9s qui passaient la ligne.<\/p>\n                <p>Nous avions beaucoup d\u2019amis anglais et d\u2019amis juifs, et nous avons fini par \u00eatre\n                    donn\u00e9s, trahis, et arr\u00eat\u00e9s par la Gestapo.<\/p>\n                <p>Heureusement, c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 la fin de la guerre et nous n\u2019avons subi la d\u00e9tention\n                    que pendant un peu plus de trois mois, mon mari au Cherche-Midi, et moi \u00e0\n                    Fresnes.<\/p>\n                <p>De retour \u00e0 <span style=\"font-weight:bold\" id=\"\">Ch\u00e2teauroux<\/span>, nous avons d\u00fb rester cach\u00e9s dans\n                    les bois jusqu\u2019\u00e0 la lib\u00e9ration compl\u00e8te du territoire. Nous nous sommes\n                    retrouv\u00e9s, \u00e0 ce moment-l\u00e0, sans chevaux et avec une cage et une lionne. Il a\n                    fallu tout refaire, tout remonter, et, apr\u00e8s cela, nous avons entrepris une\n                    premi\u00e8re tourn\u00e9e avec un cousin de mon mari, Ancillotti, Bertho Ancillotti (6.\n                    L\u2019orthographe du pr\u00e9nom est incertaine ; le nom s\u2019\u00e9crit avec un L dans le\n                    document de la vente aux ench\u00e8res publiques de la succession Robert Gr\u00e8ze de mai\n                    2006, avec deux L sur l\u2019affiche pr\u00e9sent\u00e9e lors de cette m\u00eame vente), tourn\u00e9e\n                    pleine de charme, tourn\u00e9e pleine d\u2019aventures heureuses, tourn\u00e9e \u00e0 la fois tr\u00e8s\n                    r\u00e9mun\u00e9ratrice, gastronomique, et vraiment tr\u00e8s gaie.<\/p>\n                <p>Et puis, ensuite, les tourn\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9tranger ont commenc\u00e9. Nous avons\n                    successivement fait le Portugal, l\u2019Espagne, la Hongrie, la Finlande, la Belgique\n                    o\u00f9 nous sommes all\u00e9s nombre de fois, la tourn\u00e9e des municipaux avec l\u2019op\u00e9rette\n                    \u00abLes Saltimbanques\u00bb, enfin une vie fort agr\u00e9able, pleine de charme, pleine\n                    d\u2019inattendus aussi.<\/p>\n                <p>Oblig\u00e9s par nos voisins, Monsieur Vuitton &#8211; les malles &#8211; (7. Nous entendions\n                    Monsieur Huiton Limane ; dix-huit mois plus tard, nous comprenions qu\u2019il\n                    s\u2019agissait de la c\u00e9l\u00e8bre entreprise, gr\u00e2ce au t\u00e9moignage de Ruy de\n                    Vasconcellos), de quitter la remise que nous avions qui \u00e9tait dans une grande\n                    serre et dans les \u00e9curies de la propri\u00e9t\u00e9 qui appartenait \u00e0 ma belle-m\u00e8re \u00e0\n                        <span style=\"font-weight:bold\" id=\"\">Asni\u00e8res<\/span>, nous avons pris une propri\u00e9t\u00e9 \u00e0\n                        <span style=\"font-weight:bold\" id=\"\">Saint- Maximin<\/span>, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de\n                        <span style=\"font-weight:bold\" id=\"\">Creil<\/span>, entre <span style=\"font-weight:bold\" id=\"\">Creil<\/span> et\n                        <span style=\"font-weight:bold\" id=\"\">Chantilly<\/span>. Cette propri\u00e9t\u00e9 \u00e9tait dans un hameau qui\n                    s\u2019appelait \u00abLa Grande Folie\u00bb. Si l\u2019on veut consid\u00e9rer la vie que nous ont fait\n                    mener les quelques habitants de ce hameau, on peut dire en effet que c\u2019\u00e9tait une\n                    grande folie. Je n\u2019ai pas gard\u00e9 de cette propri\u00e9t\u00e9 un bon souvenir tellement les\n                    gens du hameau ont \u00e9t\u00e9 indignes avec nous.<\/p>\n                <p>A cette \u00e9poque, Andr\u00e9 Rancy d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s fatigu\u00e9, nous ne faisions plus que des\n                    galas avec son merveilleux cheval de Haute-Ecole et avec ma lionne. Et puis\n                    l\u2019id\u00e9e nous vint de monter un num\u00e9ro comique avec une lionne, qui \u00e9tait une\n                    adorable b\u00eate, toute tendresse, qui travaillait \u00e0 la voix, et ce num\u00e9ro comique,\n                    je l\u2019ai fait avec un \u00eatre charmant qui s\u2019appelle Jean Richard. Nous sommes\n                    pass\u00e9s ensemble \u00e0 l\u2019Olympia, \u00e0 l\u2019Alhambra, et puis nous sommes partis pour\n                        <span style=\"font-weight:bold\" id=\"\">Lyon<\/span> au Palais d\u2019hiver.<\/p>\n                <p>L\u00e0 s\u2019est arr\u00eat\u00e9e notre tourn\u00e9e. Jean Richard a mont\u00e9 son cirque (8. C\u2019\u00e9tait en\n                    1957) et moi, j\u2019ai quitt\u00e9 les lions \u00e0 cette \u00e9poque et je suis rentr\u00e9e dans une\n                    agence d\u2019impresario o\u00f9 j\u2019ai travaill\u00e9 avec Marcel Aubert (9. Orthographe non\n                    confirm\u00e9e), d\u2019abord, et ensuite avec Ren\u00e9e Pierre (10. Orthographe non\n                    confirm\u00e9e), une femme charmante qui est toujours<\/p>\n\n            <\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Table des mati\u00e8res Des anecdotes Du monde ! Des anicroches Sarah se raconte \u00ab\u00a0J&rsquo;ai choisi d&rsquo;\u00eatre saltimbanque\u00a0\u00bb Des anecdotes [Pages non num\u00e9ris\u00e9es: 1-41] Yvonne et toi revenez \u00e0 la maison et vous entrez dans ta chambre. 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